En mon Royaume / Automatismes


Journal / dimanche, novembre 4th, 2018

L’écriture, comme l’auteure, commence souvent par se présenter. « Apprivoisement. » Salutations, points de départ. Bonjour. Attention. Chez les humains, tant de superstitions et de peurs, établir un contact est chaotique. L’émotion, la réactivité, le questionnement, empêchent une certaine forme de clarté. Silence. Entre. 

Hors l’illusion. Défaisons-nous des pudeurs. Faisons autrement, entrons dans le monde Nus de présomption.

Mont Saint-Hilaire 1.JPG

*

Elles m’ont présenté leur miroir. Dans une pièce noire, la voix fait écho. Ce qu’elles offrent à cet instant par leur regard, je le ressens en un point précis, près du coeur. Tout s’infiltre. J’ai dit oui. Silence. Des mémoires refont surface avant de s’évaporer. Humilité.

*

Le don, plutôt que le sacrifice. Calme. Dans mon regard, rien. Acceptes-tu ce don? Dans mon regard, l’amour. Grottes infinies, paysages prenant forme, souplesse des tons. Adaptations, danses. En mes Royaumes, des lois. Par le trouble, la dissolution de la forme.

Le calme est de mise.

La nature qui nous entoure obéit à certaines lois. Des contraintes, pour prendre forme ici.  Un, deux, trois. Il faut regarder, avant. Se faire face. Tu verras. Les émotions ont leur place, si elles aident à se départir efficacement des fardeaux.

Ici, si tu demandes une main, elle te sera tendue. Ne la mords pas. Elle te donnera sans compter. Le temps s’assouplit sous nos pas. Le mouvement se prolonge au fil de la pensée, guidée en des lieux infinis par l’imagination, l’inspiration, l’intuition.

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Les passages. Marcher.

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Sous les châteaux. Une marche à reprendre nuit après nuit. À la surface, des palais et des époques, des villes en ruine, des planètes étrangères. Des paysages anciens, des espèces éteintes.  Des jardins intimes, des vents bienfaisants.

Automatismes.

Vivre l’instant. Mains qui tremblent, sur cette feuille incertaine, sous cette encre éparpillée. Le rythme. Avancer. Ne pas décider pour la main ou elle ira danser, ni pour l’esprit par quel chemin il faut passer. Des questions sans réponses et des affirmations sans question. Qu’est-il à étudier? Des expérimentations humaines possibles, certaines me tentent plus que d’autres. Même en l’instant, quelque chose se propage vers le prochain instant. Je sais que je ne pourchasse pas. Pourquoi est-ce si mal perçu, avec connotations et interprétations, que de vivre l’Amour? Je ne cherche pas mes semblables : ce que souhaite l’Idiot s’offre à lui. Ce paysage, pourquoi le veux-je à ce point vide? Je suis pourtant, à répétition, exaucée. Je n’ai plus à portée, ces souvenirs qui fabriqueraient la mélancolie. Au nom de quelque chose de plus grand que le Soi, j’ai dit que c’était assez. « Je » n’a pas, n’a plus n’a sans doute jamais été. L’âme, je ne la sais pas. Suis-je donc uniquement ces programmes? Je ressens les expérimentations, je les constate, avec cette conscience de ne pas exister en elles. Mais Suis-je, ailleurs que dans l’existence? Si mon corps se contrôle en partie, par ce qui s’apparente à la volonté, est-il juste de penser que je suis autre chose, quelque chose qui se gouverne?

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