Sur l’instant / Sur l’amour


Journal / dimanche, septembre 30th, 2018

Que les gens sont absurdes !
Ils ne se servent jamais des libertés qu’ils possèdent,
mais réclament celles qu’ils ne possèdent pas ;

ils ont la liberté de pensée, ils exigent la liberté de parole.”

S. Kierkegaard

*

Ce qui me semble le plus flagrant,
c’est cette incapacité à vivre hors l’instant.

Même si j’essayais, je ne sais revivre
ni les événements, ni les émotions passées.

Parfois, l’instant est constitué d’une vive émotivité.
Qui passe ou se diffuse, lentement, rapidement.

Des états, qui se déroulent

et j’ai rarement assez d’intelligence
concentrée dans l’instant

pour pouvoir les décrire
et les projeter sur mes propres écrans.

Les mettre sur le monde
lui prêter mes propres tourments
ne fait pas partie de ma constitution.

Le traumatisme parle parfois à ma place
je me dédouble ou me referme

avant de pleurer ou de rire
puis d’oublier.

Parfois, je suis prise par le cauchemar
et je marche somnambule dans la ville
ou dans mon appartement.

Je constate calmement
la souffrance du monde

et, maternelle, je la prends sur mon ventre.

Je n’existe pas dans cette souffrance.

Des sons, des images
sans liens ou cohérence apparentes.

J’ai pleuré purement chaque fois
que sur ma route, je l’ai Rencontré

dans le vent ou les feuilles, leur bruissement
près des montagnes, taillé dans les rochers
dans la mélodie des vagues, ou leur claquement.

Mais surtout, droit devant, au-delà de l’horizon
un Oeil surpuissant.

Des lieux difficiles à retrouver après l’enfance.

Pendant un temps, ce ne fut possible
que par la chute. Après, jamais pendant
puisqu’il faut savoir faire les choses par soi-même.

Le vide devenait plein
rien n’y existait, jusqu’à ce que jaillisse
l’éclat.

*

Dans cette nouvelle forme
au sein même de l’instant

impossible d’insister sur l’état :
il vient, il est

impossible de l’empêcher
je sais que ce que je sais
sur le flottement

je n’ai pas l’intention
de m’arrêter.

*

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